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TESMO

Le contrôle de la mobilité à l’ère du numérique : la sécurisation quotidienne des mobilités humaines, financières et des données est un partenariat de recherche qui examine comment les tensions entre les demandes concurrentes en sécurité et en mobilité sont négociées par le choix et l’utilisation de technologies de contrôle de la mobilité. Le projet propose plus précisément de se concentrer sur la manière dont le contrôle de la mobilité des individus, de l’argent et des données est de plus en plus médiatisé par les nouvelles technologies à des fins d’application de la loi et de lutte contre le terrorisme. Les innovations technologiques issues du domaine de l’informatique et de l’analyse du big data sont perçues comme des solutions assurant la sécurisation quotidienne de ces trois types de mobilité à l’ère du numérique. Ce projet cherche par conséquent à examiner le rôle et les effets des nouvelles technologies sur les tensions induites par la liberté de circulation et les besoins en sécurité. Pour ce faire, notre partenariat de recherche déploie un effort collaboratif entre chercheurs et praticiens afin d’interroger les technologies utilisées pour le contrôle des individus, de l’argent et des données en mouvement. Il sera ainsi possible de mettre en évidence les différentes formes de contrôle que nous mettons en place, mais aussi qui a droit au mouvement et sous quelles conditions. 

Les trois types de mobilités suivants constituent nos axes de recherche :

Individus

Avec le processus de « datafication » (Mayer-Schönberger et Cukier, 2013), maintes formes d’interactions et de transactions sociales peuvent être modélisées en données digitales (Amoore et Piotukh, 2015). Dans cette optique, le mouvement des données est surveillé pour contrôler la communication sur les réseaux sociaux (Trottier 2012; Kitchin et Lauriault, 2015), souvent de manière secrète (Grondin and Shah 2016), mais aussi utilisé, collecté, transformé et échangé pour à la fois pour faciliter et suivre d’autres formes de mobilités physiques et digitales telles que le transit des individus et des flux financiers (Jeandesboz, 2017). Cet axe documentera comment les données digitales – qu’elles soient « petites » ou « grandes » – font partie intégrante des technologies de contrôle de la mobilité tout en étant à leur tour contrôlées comme une mobilité. En d’autres mots, il déchiffrera comment la mobilité des données est gouvernée grâce aux données (en tant que pratique de sécurité).

Argent

S’il existe un large éventail de problèmes de sécurité dans le domaine de la finance, le langage utilisé pour désigner la sécurisation des flux d’argent reste similaire à d’autres secteurs du contrôle de la mobilité (Amicelle et al., 2017). Le renforcement de la sécurité des marchés, la lutte contre le blanchiment d’argent et les réglementations financières antiterroristes sont encouragées pour filtrer les transactions suspectes (de Goede, 2012; Gilbert, 2013) Ces réglementations sont de plus en plus mises en oeuvre par le biais de solutions technologiques qui permettent le suivi des transactions et la détection des anomalies, sans ralentir la fluidité systémique de la mobilité financière en filtrant efficacement les « bons » et les « mauvais flux » (De Goede, 2012). Les « acteurs de la police financière » (Amicelle, 2017) – de la finance à la sécurité et des organisations à but lucratif aux forces de l’ordre et autres agences d’État – s’appuient sur des technologies algorithmiques et l’analyse de données volumineuses pour contrôler plusieurs centaines, voire des milliers, de transactions chaque mois, faisant ainsi de la surveillance de masse une nouvelle norme (Bellanova et al.,2017). Cet axe documentera les nouvelles formes de contrôle « high-tech » des flux financiers tout en considérant les tensions spécifiques au fonctionnement actuel des marchés boursiers ainsi que des services financiers et de paiement. 

Données

Avec le processus de « datafication »(Mayer-Schönberger et Cukier, 2013), maintes formes d’interactions et de transactions sociales peuvent être modélisées en données digitales (Amoore et Piotukh, 2015). Dans cette optique, le mouvement des données est surveillé pour contrôler la communication sur les réseaux sociaux (Trottier 2012; Kitchin et Lauriault, 2015), souvent de manière secrète (Grondin and Shah 2016), mais aussi utilisé, collecté, transformé et échangé pour à la fois pour faciliter et suivre d’autres formes de mobilités physiques et digitales telles que le transit des individus et des flux financiers (Jeandesboz, 2017). Cet axe documentera comment les données digitales – qu’elles soient « petites » ou « grandes » – font partie intégrante des technologies de contrôle de la mobilité tout en étant à leur tour contrôlées comme une mobilité. En d’autres mots, il déchiffrera comment la mobilité des données est gouvernée grâce aux données (en tant que pratique de sécurité).